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Le Plan d'Épargne Retraite s’est imposé comme le produit phare pour préparer sa retraite tout en bénéficiant d’un cadre fiscal attractif.  Mais il ne faut pas être aveuglé par cela, le PER cache des avantages puissants… mais aussi des inconvénients bien réels. Entre fiscalité, gestion, blocage des fonds et souplesse d’investissement, le PER ne convient pas à tous les profils.

Cet article est sponsorisé par Eudoia, cabinet de gestion de patrimoine.

Les avantages et inconvénients du PER

Voici un résumé des avantages et inconvénients du Plan d’Épargne Retraire :

Avantages du PER Inconvénients du PER
Amélioration de sa retraite avec le PER Epargne bloquée sur le très longue terme
Large choix de supports Déduction fiscale plafonnée
Fiscalité des versements volontaires Intéressant uniquement si TMI à 30 % ou plus
Fiscalité avantageuse à la succession Fiscalité à la sortie
Peu de condition de déblocage anticipé
Les avantages et inconvénients du PER

Si le PER vous intéresse, pensez à utiliser notre comparatif des meilleurs PER pour faire votre choix.

Quels sont les avantages du PER ?

Amélioration de sa retraite avec le PER

Le Plan Épargne Retraite a pour vocation de compenser la baisse de revenus qui accompagne souvent le départ à la retraite. Dans un contexte de réformes successives, où l’âge légal de départ est repoussé et où le montant des pensions risque de diminuer, se constituer une épargne complémentaire devient essentiel.

Le PER permet d’épargner progressivement durant la vie active tout en bénéficiant d’un cadre fiscal avantageux. À terme, ce capital pourra être récupéré sous forme de rente viagère ou de capital, selon les besoins et les projets du futur retraité.

Ouvert suffisamment tôt, il peut tirer parti des effets de l’intérêt composé et offrir une réserve significative à la retraite, bien au-delà de ce qu’un simple livret permettrait.

Par exemple, vous avez 30 ans et vous investissez 200 € par mois sur un PER. Avec un rendement moyen estimé de 5 % par an, à 67 ans, vous aurez environ 207 000 €.

Ce capital peut vous offrir une rente viagère de 850 à 950 € par mois à vie, selon les conditions du contrat.

Un large choix d’unité de comptes

Le PER se distingue par sa grande souplesse en matière de supports d’investissement, notamment grâce à l’accès aux unités de compte : actions, obligations, SCPI, SCI, OPCI, ETF, private equity, etc.

Il permet également d’investir dans des fonds en euros, à capital garanti, pour sécuriser une partie de l’épargne, en complément des unités de compte plus dynamiques.

Cette diversité permet de construire une allocation personnalisée, adaptée à son profil de risque, son horizon de placement et ses convictions (ex. ESG).

Autre point de vigilance : si l’univers d’investissement est riche en gestion libre, tous les PER ne se valent pas. Certains contrats limitent l’accès à certains supports ou imposent des frais élevés.

Il faut donc comparer les offres avant de souscrire, en se concentrant notamment sur :

  • La variété réelle des unités de compte disponibles ;
  • La présence de fonds immobiliers, d’ETF, ou de supports ISR ;
  • Et bien sûr, les frais de gestion associés à chaque type de support.

La fiscalité des versements volontaires

Lorsque vous choisissez de déduire vos versements volontaires de votre revenu imposable, vous bénéficiez d’un avantage fiscal immédiat, proportionnel à votre tranche marginale d’imposition (TMI).

Concrètement, un contribuable dans la tranche à 30 % économisera 30 € d’impôt pour 100 € versés, ce qui peut représenter un levier fiscal important.

Cependant, cet avantage devient bien moins significatif pour les contribuables dans les tranches basses, notamment à 11 %.

Pour approfondir le sujet, voici notre article sur la fiscalité du PER.

Une fiscalité avantageuse à la succession

Le PER présente un atout peu connu mais stratégique en matière de succession.

En cas de décès du souscripteur avant l’âge de 70 ans, les sommes transmises via un PER assurantiel bénéficient du même régime fiscal que l’assurance-vie : abattement de 152 500 € par bénéficiaire, puis taxation à 20 % (et 31,25 % au-delà de 700 000 €).

Le souscripteur peut librement désigner un ou plusieurs bénéficiaires dans une clause spécifique : conjoint, enfants, proches ou même associations. Cette clause reste modifiable tant qu’aucun bénéficiaire n’a accepté formellement le contrat.

En revanche, après 70 ans, l’abattement passe à 30 500 € tous bénéficiaires confondus, comme pour l’assurance-vie.

Autre point important : cette fiscalité successorale avantageuse ne concerne que les PER assurantiels, pas ceux ouverts sous forme de compte-titres.

Pour aller plus loin, voici notre article comparatif entre le PER et l'assurance vie.

Quels sont les inconvénients du PER ?

Une épargne bloquée sur une longue période

Le principal inconvénient du PER reste sa liquidité très limitée.

En dehors de situations exceptionnelles (invalidité, décès du conjoint, fin de droits au chômage, surendettement, liquidation judiciaire, ou acquisition de la résidence principale), les sommes investies sont bloquées jusqu’à l’âge légal de départ à la retraite.

Cela en fait un produit d’épargne structurellement illiquide, inadapté aux besoins de cash à court, moyen et long terme.

Débloquer son épargne avant la retraite : des cas très limités

Bien que le PER soit destiné à financer la retraite, il est possible de débloquer son épargne avant l’échéance, ce cas sont strictement encadrés par la loi et ils corresponmais uniquement dans des cas exceptionnels.

Le seul motif accessible à tous, sans condition particulière, est l’acquisition de la résidence principale. C’est aujourd’hui le motif le plus courant de déblocage anticipé.

Les autres cas de déblocage anticipé sont strictement encadrés par la loi :

  • Invalidité du titulaire ou de son conjoint (marié ou pacsé) ;
  • Décès du conjoint (marié ou pacsé) ;
  • Expiration des droits à l’assurance chômage ;
  • Surendettement (sur décision de la commission de surendettement) ;
  • Liquidation judiciaire d’une activité non salariée.

Hors de ces situations, le capital reste bloqué jusqu’à la retraite, même en cas de coup dur.

Une déduction fiscale plafonnée

Vous avez la possibilité de déduire vos versements volontaires de votre revenu imposable. Mais cet avantage fiscal est encadré par des plafonds annuels, qui varient selon votre statut :

  • Pour un salarié, la déduction est limitée à 10 % des revenus professionnels de l’année précédente avec un maximum de 35 194 € ou 10 % du PASS (4 637 €) si c’est plus avantageux ;
  • Pour un travailleur non salarié (TNS), les plafonds sont bien plus élevés : jusqu’à 81 384 € de déduction possible, selon les bénéfices nets.

Autre point clé : ce plafond est mutualisé avec celui des autres produits d’épargne retraite (Madelin, PERP…), ce qui limite les cumuls. Il est toutefois reportable pendant 3 ans si vous ne l’utilisez pas intégralement une année donnée.

Un intérêt fiscal limité pour les faibles tranches d’imposition

Le levier fiscal du PER repose sur la déduction des versements du revenu imposable. Mais cet avantage n’est réellement significatif qu’à partir d’un TMI de 30 % ou plus. En dessous, notamment à 11 %, le gain fiscal est marginal, surtout si l’on considère que la sortie (en capital ou en rente) sera imposée à un taux souvent équivalent.

Autrement dit, pour un contribuable modérément imposé, le bénéfice fiscal net s’avère faible, d’autant plus que l’épargne est bloquée sur une très longue période.

Une fois encore, nous vous invitons à visionner notre article sur la fiscalité du PER.

Une fiscalité de sortie à ne pas négliger

Au moment du déblocage, la fiscalité dépend du choix initial et de la nature des sommes retirées. Si les versements volontaires ont été déduits à l’entrée :

  • Le capital sera réintégré dans le revenu imposable à la sortie ;
  • Les plus-values seront taxées à 30 % via le prélèvement forfaitaire unique (PFU).

En cas de sortie en rente viagère, la fiscalité dépend de l’âge du bénéficiaire au moment de la conversion. La part imposable varie de 30 % à 70 %, mais elle reste soumise à l’impôt sur le revenu, ce qui peut fortement réduire l’intérêt net du PER si la fiscalité a été mal anticipée.

Âge du bénéficiaire au moment de la conversion en rente Part imposable de la rente
Moins de 50 ans 70 %
De 50 à 59 ans 50 %
De 60 à 69 ans 40 %
70 ans et plus 30 %
La fiscalité du PER en rente viagère

Une mauvaise synchronisation entre la phase d’épargne et celle de liquidation peut donc réduire à néant l’avantage fiscal obtenu à l’entrée.

Rappel : Fonctionnement général du PER 

Le Plan Épargne Retraite, instauré par la loi Pacte de 2019, est un produit unique d’épargne retraite permettant de se constituer un capital ou une rente complémentaire.

Il permet d’investir sur des supports variés :

  • Fonds en euros (sécurisés mais peu rémunérateurs, 2-3 %) ;
  • Unités de compte (plus risquées mais potentiellement rentables, 4 à plus de 10 %).

Comme de nombreux produits, le PER propose deux modes de gestion : la pilotée (par défaut) et la libre. Nous allons y revenir juste après.

Le PER se décline en plusieurs types :

  • PER individuel (remplace PERP, Madelin) ;
  • PER d’entreprise collectif (ex-PERCO) ;
  • PER d’entreprise obligatoire (ex-article 83)

Sa fiscalité est avantageuse : déduction des versements volontaires, abattement sur les rentes viagères selon l’âge (jusqu’à 70 % après 69 ans), exonération partielle ou totale en sortie en capital selon l’origine des fonds.

Les plafonds de déduction varient selon le statut (jusqu’à 81 384 € pour les indépendants). Aussi, il est possible de désigner des bénéficiaires en cas de décès et de transférer des anciens produits vers un PER.

PER et gestion : libre ou pilotée ?

Le PER offre deux modes de gestion, comme la plupart des produits d’investissement : ce n’est donc pas un avantage distinctif en soi. En revanche, bien choisir entre les deux est essentiel selon votre profil.

La gestion pilotée, activée par défaut, confie à l’assureur ou au gestionnaire la sélection des supports. Elle suit généralement une allocation évolutive : plus risquée quand la retraite est lointaine, plus prudente à l’approche de l’échéance.

Elle convient aux épargnants peu expérimentés ou à ceux qui ne souhaitent pas s’impliquer dans le suivi des marchés.

La gestion libre, à l’inverse, s’adresse aux investisseurs autonomes, ayant une bonne connaissance des produits (ETF, SCPI, fonds, etc.) et capables de gérer eux-mêmes leur stratégie d’allocation.

Attention : tous les PER ne donnent pas accès à la même variété de supports en gestion libre.

Rappel des risques associés aux unités de comptes

Investir en unités de compte comporte toujours un risque qui est celui de perdre partie ou totalité du capital, contrairement à une épargne en fonds euros qui garantit le capital investi. Plus le potentiel de rendement

Toutefois, un placement en unités de compte est à considérer sur le long terme. Pour être rentable, un PER doit être souscrit pour du long terme. Aussi, si un marché vient à s’effondrer, d’ici l’échéance de la retraite, ce marché aura eu le temps de se rétablir et le PER de comptabiliser des gains conséquents.

C’est pour cela qu’il est important de considérer votre âge à l’ouverture du PER. Si la retraite est encore très loin, des investissements audacieux peuvent se faire en vue d’obtenir des gains importants grâce aux unités de compte. Puis, plus l’âge de la retraite approchera, donc le moment de débloquer votre PER, plus il sera prudent de réduire le risque en s’éloignant de ces unités de compte pour favoriser les fonds en euros et assurer un capital.

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Avatar Alexandre Lefevre

Alexandre est investisseur depuis 2016. Après 9 ans de carrière dans le développement de logiciels, dont 2 ans au sein d'une banque privée, il a décidé de partager son expérience d'investisseur en créant Investissements-Faciles en 2020. Fort de 4 années consacrées à la création de contenus, Alexandre vous apporte ses connaissances en crowdfunding, bourse ou encore sur les différents supports d'investissements (assurances vie, CTO, PEA …).