Fiscalité du PERO : comment est imposé votre plan d’épargne retraite obligatoire ?

Le PERO est le seul plan d’épargne retraite auquel vous n’avez pas choisi d’adhérer : votre employeur le met en place, vous y êtes affilié d’office, et une fraction de votre rémunération part chaque mois sur un plan que vous ne reverrez qu’à la retraite. 

En contrepartie, la fiscalité du PERO est la plus généreuse des trois PER à l’entrée et la plus contraignante à la sortie. 

L'essentiel

La fiscalité du PERO se lit compartiment par compartiment. Les cotisations obligatoires sont déduites de votre salaire imposable dans la limite de 8 % de la rémunération brute, puis ressortent en rente imposée comme une pension.

  • Plafond de déduction 2026 : 8 % de la rémunération brute, retenue dans la limite de 8 PASS, soit 30 758 € au maximum
  • Sortie des versements obligatoires : rente viagère uniquement, sauf si elle ne dépasse pas 110 € par mois
  • Rente imposée au barème après abattement de 10 %, plus environ 10,1 % de prélèvements sociaux
  • L’achat de la résidence principale ne permet pas de débloquer les versements obligatoires

Fiscalité du PERO à l’entrée : une déduction plafonnée à 8 % du salaire brut

Qui cotise, et pourquoi vous ne payez rien à l’entrée ?

Le compartiment obligatoire du PERO est alimenté par deux flux, traités différemment :

  • La cotisation de l’entreprise : normalement assimilable à un complément de rémunération, elle n’est pas ajoutée à votre revenu imposable.
  • Votre propre cotisation, si l’accord d’entreprise en prévoit une : prélevée sur votre brut, elle est déduite du net imposable par la paie.

Dans les deux cas, vous n’avez rien à reporter sur votre déclaration : la déduction est déjà intégrée à vos montants pré-remplis. Côté employeur, cette cotisation est aussi déductible du bénéfice de l’entreprise et exonérée de charges sociales dans certaines limites, comme le détaille la fiche PERO fiscalité.

Le plafond : 8 % de la rémunération brute, dans la limite de 8 PASS

La déduction est plafonnée à 8 % de votre rémunération annuelle brute, elle-même retenue dans la limite de 8 PASS (article 83 du Code général des impôts). Avec un PASS de 48 060 € en 2026, le plafond maximal atteint 30 758 € par an. Pour un salaire brut de 50 000 €, il est de 4 000 €.

Deux mécanismes s’y greffent :

  • Le plafond se réduit de l’abondement versé par votre employeur sur un PER collectif et des jours de compte épargne-temps que vous y affectez.
  • En cas de dépassement, la part patronale excédentaire est réintégrée à votre salaire imposable et la part salariale cesse d’être déductible.

Et il est plus étroit qu’il n’y paraît : il vaut 10 % de vos revenus nets, quand le PERO mobilise 8 % de votre brut. Sur un salaire de 100 000 €, un PERO cotisé au taux maximum absorbe la totalité du plafond. Vérifiez votre plafond avant d’arbitrer entre les différents types de PER ou d’ouvrir un plan repéré dans mon comparatif des meilleurs PER.

Fiscalité du PERO à la sortie : ce que vous récupérez, et sous quelle forme ?

Votre PERO contient jusqu’à trois compartiments, et c’est l’origine des sommes qui commande leur imposition. Seul le troisième compartiment est propre aux versements obligatoires réalisés sur un PERO.

CompartimentSortie en renteSortie en capital
1. Versements volontaires (déduits à l’entrée)Rente à titre gratuit : barème des pensions après abattement de 10 %. Prélèvements sociaux de 18,6 %, mais sur une fraction seulement (30 à 70 % selon votre âge)Versements au barème, sans abattement de 10 %. Gains au PFU de 31,4 %
2. Épargne salariale (participation, intéressement, abondement, CET)Rente à titre onéreux : seule une fraction (30 à 70 % selon l’âge) est imposée au barème, et les 18,6 % portent sur cette même fractionCapital exonéré d’impôt. Gains au PFU de 31,4 %
3. Versements obligatoires (cotisations rendues obligatoires)Rente à titre gratuit : barème des pensions après abattement de 10 %. Prélèvements sociaux des revenus de remplacement, environ 10,1 %, sur la totalitéImpossible, sauf rente inférieure à 110 €/mois : versements imposés en pensions sans abattement, gains au PFU
Les différents cas d’imposition

Rente du PERO : pourquoi elle échappe à la hausse des prélèvements sociaux de 2026 ?

La rente issue des versements obligatoires n’est pas traitée comme un revenu du capital, mais comme un revenu de remplacement, au même titre que votre pension de base et votre retraite complémentaire.

Ainsi, la rente perçue est assujettie : 

  • À l’impôt sur le revenu : barème des pensions, après l’abattement de 10 %, sur la totalité de la rente.
  • Aux prélèvements sociaux : CSG au taux des pensions (8,3 % au taux plein, moins selon votre revenu fiscal de référence), CRDS à 0,5 %, CASA à 0,3 % et cotisation d’assurance maladie de 1 %, soit environ 10,1 %.

Depuis le 1er janvier 2026, les prélèvements sociaux sur les revenus de placement sont passés de 17,2 % à 18,6 %, portant le PFU à 31,4 %. La rente du compartiment obligatoire n’est pas touchée : le taux de CSG des pensions, lui, n’a pas bougé. 

Toutefois, gardez l’assiette en tête pour comparer, car elle diffère : ces 10,1 % frappent la totalité de la rente, quand les 18,6 % des deux autres compartiments ne portent que sur une fraction de 30 à 70 % selon votre âge.

La fiscalité du PERO en cas de déblocage anticipé et de décès

Toutefois, six accidents de la vie permettent de récupérer l’épargne du compartiment obligatoire du PER en capital avant la retraite : 

  • décès du conjoint ou partenaire de Pacs, 
  • invalidité de 2e ou 3e catégorie, 
  • affection grave d’un enfant à charge, 
  • surendettement, fin des droits au chômage, 
  • liquidation judiciaire d’une activité non salariée. 

La part correspondant aux versements est alors exonérée d’impôt, seuls les gains supportent les prélèvements sociaux (18,6 %).

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