PER : quelle fiscalité en 2026 ? Explications simples et complètes

La fiscalité du PER est à la fois un atout puissant et un piège potentiel si elle est mal anticipée. Ce placement retraite séduit par ses promesses de déduction fiscale, mais impose de bien comprendre les conséquences à long terme. À chaque étape (entrée, sortie, transmission), les règles varient. Mieux vaut en savoir plus avant d’investir.

En amont, voici notre article sur le fonctionnement du Plan d’Épargne Retraite.

Pourquoi le PER est-il un outil de défiscalisation à part ?

Le Plan Épargne Retraite permet de déduire les versements volontaires du revenu imposable (dans la limite d’un plafond, jusqu’à 88 911 € pour un TNS en 2026).

Cela génère un gain fiscal immédiat proportionnel à la tranche marginale d’imposition (jusqu’à 2 250 € d’économie pour un versement de 5 000 € avec une TMI à 45 %).

Contrairement à l’assurance vie ou au PEA, le PER offre un avantage fiscal à l’entrée, mais une fiscalité à la sortie. Les fonds sont bloqués jusqu’à la retraite, sauf cas spécifiques.

La fiscalité du PER s’organise en trois temps :

  1. À l’entrée : déduction des versements du revenu imposable ;
  2. Pendant le contrat : exonération d’impôt sur les gains et d’IFI (sauf exceptions) ;
  3. À la sortie : imposition du capital et des plus-values selon la nature des versements (déductibles ou non) et le mode de sortie (capital ou rente).
La fiscalité du PER
La fiscalité du PER

Cette structure permet d’optimiser sa fiscalité en lissant l’imposition sur la durée, en particulier pour les contribuables fortement imposés : les hauts revenus et les travailleurs non-salariés.

Pour optimiser vos investissements, pensez à choisir l’un des meilleurs PER du marché. Vous pouvez aussi utiliser notre outil dédié qui fait le tri des PER en fonction de vos critères.

La fiscalité du PER à l’entrée

Le PER est l’un des rares placements permettant de réduire immédiatement son impôt sur le revenu, à condition d’opter pour la déductibilité des versements.

Cette option est ouverte à tous les versements volontaires effectués sur un PER individuel (PERIN), et également sur les PER collectifs ou obligatoires lorsqu’il s’agit de versements personnels en plus des cotisations imposées.

Si ces termes ne sont pas clairs pour vous, voici notre article dédié aux types de PER.

L’intérêt est double :

  • Vous réduisez votre revenu imposable ;
  • Vous investissez plus que vous ne dépensez réellement, puisque la somme versée est prélevée avant impôt.

Voici quelques exemples qui montre que cet avantage fiscal est surtout intéressant pour les investisseurs disposant d’une TMI de minimum 30 % :

Revenu imposable par partTMIVersement PERRéduction d’impôt
30 000 €11 %3 000 €330 €
50 000 €30 %5 000 €1 500 €
80 000 €41 %5 000 €2 050 €
120 000 €45 %10 000 €4 500 €

Les plafonds de déduction à respecter

Le montant que vous pouvez déduire de vos revenus dépend de votre statut (salarié, indépendant…) et de vos revenus professionnels.

Voici les plafonds applicables en 2026 :

StatutRègle de calculPlafond maximal 2025
Salarié10 % des revenus professionnels nets de frais de l’année N-1, dans la limite de 8 PASS N-1
ou
10 % du PASS N-1 si plus avantageux
37 680 €
ou
4 710 €
Indépendant / TNS10 % des bénéfices imposables jusqu’à 1 PASS
+ 15 % de la part des bénéfices comprise entre 1 et 8 PASS
88 911 €
Couple imposé en communMutualisation possible des plafonds entre conjoints ou partenaires de PACSSelon les revenus cumulés
Les plafonds de déduction du PER

Pour les salariés et les indépendants, le plafond 2026 dépendra des bénéfices/revenus de 2025.

Il est possible de reporter les plafonds non utilisés des trois dernières années consécutives, permettant ainsi un cumul des droits disponibles pour optimiser son versement.

Pour un couple marié ou pacsé, les plafonds de déduction peuvent être mutualisés, ce qui permet à l’un des conjoints d’utiliser le plafond non utilisé de l’autre, sans pour autant doubler automatiquement le plafond global.

Pour info, votre plafond figure sur :

  • Votre dernier avis d’imposition, rubrique « Plafond épargne retraite » ;
  • Ou dans votre espace personnel sur impots.gouv.fr.

En cas d’absence, il est possible d’envoyer un message à l’administration via la messagerie sécurisée du site.

La fiscalité du PER en sortie anticipée

Le Plan d’Épargne Retraite est conçu pour être liquidé à la retraite, mais certains cas permettent une sortie anticipée sans attendre l’âge légal.

Encadrées par la loi, ils se répartissent en deux grandes catégories :

  1. L’achat de la résidence principale ;
  2. Les accidents de la vie (invalidité, décès du conjoint, fin des droits au chômage, surendettement, etc.)

Chacune de ces catégories à une fiscalité distincte.

En cas d’achat de la résidence principale

Sortir son argent du PER pour acquérir sa résidence principale est autorisé à tout moment durant la phase d’épargne. Mais la fiscalité dépend alors de l’origine des versements :

Type de versementFiscalité sur le capitalFiscalité sur les plus-values
Versements déductiblesImposition au barème progressif de l’impôt sur le revenuPFU (Prélèvement Forfaitaire Unique) de 31,4 %
Versements non déductiblesExonération d’impôtPFU de 31,4 %
Fiscalité du PER en cas d’achat de la résidence principale

Ainsi, utiliser son PER pour acheter sa résidence peut entraîner une fiscalité notable si les versements ont été déduits à l’entrée

En cas d’accident de la vie

Lorsqu’un épargnant débloque son PER à la suite d’un événement majeur (invalidité, fin de droits chômage, etc.), l’administration fiscale prévoit un traitement favorable :

  • Le capital est entièrement exonéré d’impôt sur le revenu ;
  • Seules les plus-values générées par le contrat sont soumises aux prélèvements sociaux de 18,6 %.

Dans ces situations, il n’y a pas de fiscalité sur le capital, uniquement sur les gains réalisés.

La fiscalité du PER à la sortie : la liquidation

Lorsqu’un épargnant choisit de ne pas déduire ses versements à l’entrée dans un PER, il bénéficie d’une fiscalité nettement plus avantageuse à la sortie.

Dans ce cas, le capital est entièrement exonéré d’impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux, seuls les gains (intérêts, plus-values) sont soumis au PFU de 31,4 %.

Ce choix est pertinent pour les contribuables peu ou non imposés pendant la phase d’épargne (étudiants, jeunes actifs, reconversions, revenus irréguliers) ou ceux anticipant une TMI élevée à la retraite.

À la sortie, deux options :

  • Sortie en capital : capital exonéré, gains taxés au PFU ;
  • Sortie en rente : fiscalité sur la base d’une rente viagère à titre onéreux, avec abattement selon l’âge (jusqu’à 70 % imposable avant 50 ans).

En cas de versements non déduits, la sortie en capital est presque toujours plus favorable que la rente, grâce à une fiscalité allégée et plus prévisible.

La fiscalité du PER à la sortie en capital

Lorsque vous sortez du PER en capital à la retraite, la fiscalité dépend du type de versements effectués à l’entrée :

Si les versements ont été déduits du revenu imposable :

  • Le capital versé est imposé à l’impôt sur le revenu (IR) selon votre TMI.
  • Les plus-values sont soumises au PFU (31,4 %), soit 12,8 % d’IR + 18,6 % de prélèvements sociaux.

Si les versements n’ont pas été déduits :

  • Le capital est exonéré d’impôt.
  • Seules les plus-values sont taxées au PFU de 30 %.

Exemple chiffré :

SituationCapital retiréIR sur capitalPFU sur gainsTotal impôt
Versements déduits (TMI 30 %)100 000 €60 000 € x 30 % = 18 000 €40 000 € x 31,4 % =
12 560 €
30 560 €
Versements non déduits200 000 €0 €100 000 € x 31,4 % =
31 400 €
31 400 €
Exemple de fiscalité du PER à la sortie en capital

Pour simuler votre scénario et calculer votre capital à la retraite, vous pouvez utiliser notre simulateur.

La fiscalité du PER à la sortie en rente viagère

En cas de sortie en rente viagère, la fiscalité dépend elle aussi du type de versements effectués à l’entrée :

Si les versements sont déduits :

  • La rente est imposée comme une pension de retraite (rente viagère à titre gratuit), après un abattement de 10 %.
  • Les prélèvements sociaux s’appliquent sur une part du capital reconstitué (taux global de 18,6 %).

Si les versements sont non déduits :

  • La rente est fiscalisée selon le régime des rentes viagères à titre onéreux (RVTO) : seule une fraction de la rente est imposée à l’IR, selon l’âge de départ.
  • Les prélèvements sociaux s’appliquent aussi sur cette fraction.

Voici un exemple chiffré (retraite à 65 ans, rente annuelle de 9 000 €) :

Type de versementsIR (TMI 11 %)PS (18,6 %)Total impôt annuel
Déduits (RVTG)9 000 € – 10 % = 8 100 € → 11 % = 891 €~397 € estimés1 288 € / an
Non déduits (RVTO, 40 %)9 000 € x 40 % = 3 600 € → 11 % = 396 €4 500 € x 18,6 % = 837 €1 233 € / an
Exemple de fiscalité du PER à la sortie en rente viagère

La fiscalité du PER à la sortie en mix capital/rente

Il est possible de mettre en place une solution hybride pour la sortie avec une part en capital et l’autre sous forme de rente. Souvent, cela permet de répondre plus facilement aux besoins réels de chaque investisseur.

Dans ce cas, la fiscalité d’une sortie mixte est un mixe deux fiscalités vues précédemment, la part en rente sera fiscalisée comme une rente et le capital … comme du capital.

Le cumul des deux types de sortie impose donc de raisonner en deux temps, car chaque composante est soumise à une fiscalité distincte.

Pour approfondir le sujet, voici notre article sur la fiscalité du PER à la sortie.

La fiscalité du PER en cas de décès

La fiscalité du PER en cas de décès varie selon trois critères principaux :

  • L’âge du titulaire au moment du décès ;
  • La nature du contrat (assurantiel ou bancaire) ;
  • Et la situation du plan (capital ou rente en cours).

En PER assurantiel

S’il s’agit d’un PER assurantiel, le traitement fiscal peut être avantageux, à l’image de celui de l’assurance vie. En cas de décès avant 70 ans, chaque bénéficiaire dispose d’un abattement de 152 500 €.

Au-delà, les sommes sont taxées à 20 % jusqu’à 700 000 €, puis 31,25 %. En revanche, en cas de décès après 70 ans, l’abattement est limité à 30 500 € pour l’ensemble des bénéficiaires, et les droits de succession classiques s’appliquent.

À noter : c’est la date du décès, et non celle des versements, qui détermine le régime applicable.

En PER bancaire

Les PER bancaires ne bénéficient d’aucune fiscalité spécifique et suivent le droit commun successoral, quel que soit l’âge du décès.  

En cas de rente en cours, sa valeur de capitalisation est intégrée dans les abattements selon l’âge au décès.

Enfin, le conjoint, partenaire de PACS, enfants et certains frères et sœurs peuvent être exonérés de droits, tandis que les enfants bénéficient simplement des abattements classiques.

Certains frères et sœurs peuvent également être exonérés, mais uniquement s’ils sont :

  • Célibataires, âgés de plus de 50 ans ou infirmes ;
  • Et qu’ils ont résidé avec le défunt de façon continue pendant les 5 années précédant le décès.

Cas particuliers : transfert, IFI, PER Entreprise

Transfert depuis une assurance vie : double avantage fiscal

Il est possible de transférer l’épargne d’un contrat d’assurance vie vers un PER, sous certaines conditions, avec un double avantage fiscal à la clé. Techniquement, il s’agit d’un rachat partiel ou total du contrat d’assurance vie, dont les sommes sont ensuite réinvesties dans un PER.

Ce transfert doit respecter deux critères :

  • Le contrat d’assurance vie doit avoir plus de 8 ans ;
  • Le transfert doit être réalisé au moins 5 ans avant l’âge légal de départ à la retraite.

Ce dispositif permet de bénéficier :

  • D’un abattement exceptionnel sur les gains retirés :
    • 9 200 € pour une personne seule,
    • 18 400 € pour un couple,
    • En plus de l’abattement fiscal applicable aux contrats de plus de 8 ans ;
  • De déduire fiscalement le montant transféré d’un contrat d’assurance vie vers un PER, à condition de ne pas avoir déjà utilisé tout votre plafond de déduction épargne retraite.

Ce transfert implique un blocage jusqu’à la retraite et une fiscalité différente à la sortie. Il faut donc arbitrer en fonction des objectifs patrimoniaux (liquidité, transmission, etc.).

Fiscalité du PER et IFI : un traitement particulier

Le PER, en tant qu’enveloppe de capitalisation, bénéficie d’un traitement favorable à l’IFI (Impôt sur la Fortune Immobilière), tant que les fonds sont bloqués pour la retraite.

Pendant la phase d’épargne, les actifs immobiliers détenus via un PER (ex. SCPI en unité de compte) ne sont pas pris en compte dans l’assiette IFI, car le PER est considéré comme non disponible.

Une fois l’âge légal de départ à la retraite atteint (même sans retrait), ou en cas de sortie anticipée pour un accident de la vie, les actifs immobiliers deviennent partiellement réintégrables à l’IFI, proportionnellement à leur part dans le contrat.

Ce traitement dépend aussi de la forme du PER : les PER assurantiels bénéficient d’une lecture plus favorable que les PER bancaires, notamment si les UC immobilières sont minoritaires.

En cas de stratégie d’optimisation IFI, il faut bien vérifier :

  • La nature du PER ;
  • La composition des supports (UC immobilières vs financières) ;
  • Et la situation du souscripteur au regard de la retraite.

PER d’entreprise (obligatoire ou collectif)

Depuis le 1er octobre 2020, il n’est plus possible de souscrire de nouveaux PER Entreprises obligatoires ou PERCO, remplacés par le PERECO.

Attention à ne pas les confondre : le PERCO a été remplacé par le PER d’entreprise collectif (PERECO), qui reprend les avantages en y ajoutant la transférabilité vers un PERIN.

Les contrats existants peuvent toutefois être conservés, mais ils obéissent à des règles fiscales différentes de celles du PERECO :

Type de versementTraitement à l’entréeTraitement à la sortie (rente)
Versements obligatoiresExonérés d’IR (8 % de la rémunération) Soumis à la CSG/CRDSImposés à l’IR après abattement de 10 % Prélèvements sociaux
Versements volontairesDéductibles de 10 % de la rémunération brute maximumImposés à l’IR après abattement de 10 % Prélèvements sociaux
Fiscalité du PER d’entreprise (obligatoire ou collectif)

Pour en savoir plus, voici notre article sur les différents types de PER.

Comment optimiser la fiscalité du PER ? Les bonnes pratiques

Choisir entre versements déductibles ou non selon sa TMI actuelle et future

Choisir entre versements déductibles ou non ne se pose réellement que si vous êtes en TMI ≥ 30 %. À 11 %, le gain fiscal est trop faible pour justifier un blocage aussi long de l’épargne. Pourquoi immobiliser 10 000 € pendant 30 ans pour récupérer seulement 1 100 € d’économie d’impôt ?

Le PER n’a de sens que si la TMI est élevée aujourd’hui, avec une probabilité de baisse à la retraite. Dans ce cas, l’optimisation est claire, nette, chiffrée.

Simuler différents scénarios

L’optimisation passe par des arbitrages chiffrés, notamment entre la TMI actuelle et celle attendue à la retraite. C’est le seul levier pertinent du PER : déduire à taux élevé aujourd’hui pour sortir à taux plus faible demain.

Ne pas déduire n’a aucun intérêt. Autant se tourner vers une enveloppe plus souple comme l’assurance vie, le PEA ou le PEE.

Tenir compte des frais, contraintes et alternatives

Le PER est verrouillé jusqu’à la retraite, sauf cas de force majeure ou achat de la résidence principale. Il est beaucoup moins souple que l’assurance vie ou le PEA.

Par ailleurs, les frais d’entrée, d’arbitrage, et de gestion varient fortement d’un contrat à l’autre. Il faut aussi surveiller les supports proposés : un PER mal choisi peut détruire la performance malgré l’avantage fiscal.

Pour aller plus loin, voici notre article comparatif entre le PER et l’assurance vie.

FAQ : 5 questions fréquentes sur la fiscalité du PER

Les versements en excès ne sont pas déductibles mais ne sont pas perdus : ils génèrent un capital exonéré d’impôt à la sortie (hors plus-values, taxées à 30 %). Attention : sur ce surplus non déduit, vous serez imposé comme pour un versement "classique" sans avantage fiscal à l’entrée.

Oui, vous pouvez sortir en capital sans impôt uniquement si vous n’avez pas déduit vos versements. Sinon, le capital est imposé au barème progressif. Mais cette option est rarement intéressante : renoncer à la déduction fait perdre l’un des principaux avantages du PER.

Non. Les PER entreprise ont des règles spécifiques (exonération partielle, CSG/CRDS, rente imposée). Les versements volontaires suivent le régime du PER individuel, plus souple.

Avant 70 ans (PER assurantiel) : abattement de 152 500 € par bénéficiaire, puis taxation. Après 70 ans : abattement global de 30 500 €. Les PER bancaires suivent le droit commun. Le conjoint et les héritiers directs peuvent être exonérés.

Autres articles similaires

S’abonner
Notification pour
guest

0 Commentaires