PER : définition et avis sur cet outil qui permet de préparer sa retraite

Vous vous demandez comment préparer votre retraite tout en optimisant votre fiscalité ? Le Plan d’Épargne Retraite offre une solution pour épargner sur le long terme, avec des avantages fiscaux concrets. Nous vous expliquons son fonctionnement et vous donnons notre avis sur le PER.

Qu’est-ce que le Plan d’Épargne Retraite ?

Le Plan d’Épargne Retraite (ou PER) est un produit d’épargne à long terme lourdement modifié en 2019 dans le cadre de la loi Pacte. Il permet de se constituer un complément de revenus pour la retraite, en investissement progressivement sur des supports financiers, dans une logique de long terme.

Le fonctionnement du PER
Les 3 phases de fonctionnement du PER

Le PER est accessible à tous les profils :

  • Indépendants ;
  • Professions libérales ;
  • Et même demandeurs d’emploi.

Il vise à unifier et moderniser les dispositifs d’épargne retraite existants, auparavant fragmentés entre PERP, contrat Madelin, Préfon, Perco ou Article 83. En les regroupant, il simplifie les règles de fonctionnement et de transfert d’épargne.

L’un de ses principaux avantages est sa fiscalité incitative à l’entrée. En effet, les versements volontaires effectués sur le PER sont déductibles du revenu imposable (dans la limite des plafonds fiscaux).

Mon avis sur l’utilisation du PER dans une stratégie patrimoniale

Je pense que le PER va devenir de plus en plus important. En effet, le système de retraite par répartition ne peut pas résister à la baisse de la natalité et à l’augmentation du niveau de vie. Cela implique de moins en moins d’actifs qui cotisent pour un nombre croissant de bénéficiaires à la retraite.

Les actifs d’aujourd’hui qui ne préparent pas leur retraite auront une retraite plus difficile que leurs parents ou grands-parents. La principale alternative est de préparer sa propre retraite au travers de différents outils d’investissement comme le PER.

Le PER, grâce à la déduction des versements volontaires des revenus imposables, permet aux investisseurs dont la TMI atteint 30 % ou plus d’optimiser fortement leurs investissements.

Attention : les conditions de déblocage du PER sont peu nombreuses.

Comment fonctionne le PER ?

Le Plan Épargne Retraite repose sur un fonctionnement en trois étapes : la phase d’épargne, la phase de capitalisation, puis la phase de sortie. Chacune obéit à des règles précises, tant sur l’origine des versements que sur leur gestion et leur fiscalité.

La phase d’épargne

Le PER peut être alimenté selon trois grandes sources, correspondant chacune à un compartiment distinct du contrat.

Les versements volontaires sont des sommes versées librement par le souscripteur, de façon ponctuelle ou programmée.

Ils peuvent être déduits du revenu imposable dans la limite du plafond annuel :

  • 10 % des revenus professionnels de l’année précédente ;
  • Ou 10 % du PASS, soit 4 683,50 € en 2025, si plus avantageux.

Ils alimentent le compartiment 1 du PER qui peut également accueillir les sommes transférées depuis d’anciens contrats individuels.

L’épargne salariale représente la deuxième source de financement. Elle regroupe les versements issus de dispositifs collectifs mis en place dans l’entreprise :

  • Intéressement ;
  • Participation ;
  • Abondement de l’employeur ;
  • Jours monétisés du compte épargne-temps (CET).

Ces versements alimentent le compartiment 2 du PER.

Les cotisations obligatoires, enfin, concerne les PER obligatoires mis en place par l’employeur. L’adhésion est imposée à une catégorie de salariés, et les cotisations sont réparties entre salarié et employeur selon un taux défini dans la convention collective.

Elles alimentent le compartiment 3 du PER.

La phase de capitalisation

Une fois les versements réalisés, l’épargne est placée sur des supports financiers :

  • Les fonds en euros : un support d’investissement dont la spécificité réside dans la garantie du capital investi, qui est totale dans la majorité des cas, après déduction des frais de gestion ;
  • Les unités de compte (UC) : potentiellement plus rémunérateur mais également plus risqués (OPCVM, ETF, SCPI, etc.).

Par défaut, le PER est géré selon une gestion pilotée à horizon : les fonds sont automatiquement alloués en fonction de l’âge du souscripteur, avec une part d’UC plus élevée en début de contrat, progressivement sécurisée à l’approche de la retraite.

Il est possible d’opter pour une gestion libre, dans laquelle l’épargnant choisit lui-même la répartition de son capital. Nous y revenons par la suite.

Certains PER individuels proposent un accès à des ETF à faibles frais, ce qui permet de construire une allocation performante à long terme, à condition de savoir piloter soi-même son portefeuille.

La phase de sortie

L’épargne accumulée est disponible au moment du départ à la retraite. Le titulaire du PER peut alors choisir entre plusieurs options :

  • Sortie en capital, en une ou plusieurs fois ;
  • Rente viagère, c’est-à-dire un versement régulier jusqu’au décès ;
  • Mix capital + rente, selon ses besoins patrimoniaux.

Des cas de sortie anticipée sont également prévus par la loi (achat de la résidence principale, invalidité, décès du conjoint, chômage de longue durée, surendettement, etc.).

Les différents types de PER : individuel, collectif, obligatoire

Il existe 3 types de PER. En résumé :

Les types de PER
Les 3 types de PER : individuel, collectif, obligatoire

Nous allons à présent vous les détailler. Sachez cependant que nous avons un article dédié aux différents types de PER.

Le PER individuel (PERIN)

Le Plan d’Épargne Retraite Individuel est accessible à toute personne physique, qu’elle soit salariée, indépendante, profession libérale ou même sans activité professionnelle. Il s’agit de la forme la plus flexible du PER.

Il est d’une grande souplesse :

  • Les versements sont entièrement libres, tant sur le montant que sur la fréquence ;
  • Possibilité de choisir librement ses supports d’investissement (fonds en euros ou UC).

Ce produit peut également accueillir les sommes issues d’anciens dispositifs retraite comme le PERP, le contrat Madelin ou encore le Préfon, grâce à la possibilité de transfert.

Enfin, le PERIN bénéficie d’un cadre fiscal incitatif à l’entrée, avec la possibilité de déduire les versements volontaires du revenu imposable. La gestion du contrat est libre, sans engagement de versements.

Le PER collectif (PERCOL)

Le Plan d’Épargne Retraite Collectif est mis en place par l’employeur au bénéfice de l’ensemble des salariés, en remplacement ou en complément d’un ancien Perco.

Il est principalement alimenté par l’épargne salariale :

  • Intéressement ou Participation ;
  • Abondement de l’entreprise ;
  • Jours issus d’un compte épargne-temps (CET).

Les salariés ont également la possibilité de réaliser des versements volontaires à titre individuel.

Le PERCOL présente un double avantage :

  • Les versements peuvent être déduits de l’impôt sur le revenu ;
  • L’abondement de l’entreprise est exonéré de charges (hors CSG et CRDS).

À échéance, les sommes peuvent être récupérées soit en capital, soit en rente, avec une possibilité de sortie anticipée en cas d’achat de la résidence principale… ce qui reste peu attractif, comme c’est le cas pour tous les PER.

Le PER obligatoire (PERO)

Le Plan d’Épargne Retraite Obligatoire est instauré par l’employeur au bénéfice d’une catégorie spécifique de salariés. Contrairement aux autres formes de PER, l’adhésion est ici imposée :

  • Le salarié ne choisit pas d’y souscrire ;
  • Mais il bénéficie malgré lui d’un mécanisme d’épargne automatique.

Les versements sont obligatoires et répartis entre l’employeur et le salarié selon un taux prédéfini dans l’accord collectif ou la convention.

Par exemple, un accord peut prévoir un taux global de cotisation de 6 % du salaire brut, réparti à 4 % à la charge de l’employeur et 2 % pour le salarié. Sur un salaire brut de 3 000 € par mois, cela représente 180 € d’épargne retraite mensuelle, dont 120 € pris en charge par l’entreprise.

Autrement dit, pour 60 € d’effort mensuel salarié, 180 € sont investis en vue de la retraite. Un levier non négligeable, surtout s’il est combiné avec une gestion performante.

Le PERO présente un cadre plus rigide, mais il offre à l’entreprise un levier d’optimisation fiscale intéressant : les cotisations versées sont déductibles du bénéfice imposable et exonérées de certaines charges sociales.

Dans quoi peut-on investir avec le PER ?

Le PER est une enveloppe d’investissement, au même titre que l’assurance-vie, qui permet d’investir dans une large gamme de supports financiers.

Les principaux supports disponibles sont :

  • Les fonds en euros : plus ou moins garantie selon le type de fonds euros (de presque 100 % à 95/97 % pour les dynamiques et les bonifiés) ;
  • Les unités de compte (UC) : il s’agit d’actifs financiers classiques :
    • OPCVM (fonds actions, obligations, diversifiés…)
    • ETF (fonds action ou obligation) ;
    • SCPI ou autres actifs immobiliers (selon contrats) ;Produits structurés ;
    • Titres vifs (actions ou obligation) ;

La diversité des supports dépend de l’établissement gestionnaire :

  • En architecture ouverte : accès à des centaines de supports de multiples sociétés de gestion ;
  • En architecture fermée : le choix est restreint à une sélection imposée par l’assureur ou le gestionnaire.

Encore quelques hésitations dans votre choix d’enveloppe ? Voici notre article comparatif entre le PER et l’assurance vie.

La gestion libre et la gestion pilotée du PER

La gestion pilotée du PER

La plupart des PER sont proposés, par défaut, en gestion dite « à horizon retraite ».

Cela signifie que la répartition de l’épargne est pilotée automatiquement selon l’âge du titulaire, avec un transfert progressif vers des supports plus sécurisés à l’approche de la retraite.

Trois profils sont généralement disponibles :

  • Prudent ;
  • Équilibré ;
  • Dynamique.

Ce mode de gestion reste un choix : l’épargnant peut le modifier à tout moment, notamment dans un PER individuel (PERIN) où la gestion libre est aussi possible.

Finalement, c’est une gestion pilotée. Celle-ci est gérée par des professionnels, sans intervention nécessaire de l’épargnant. Les arbitrages sont automatiques, ce qui en fait une solution simple et sans intervention.

Elle est à privilégier pour ceux souhaitant déléguer la gestion de leur contrat (manque de connaissances, de temps ou d’intérêt).

La gestion libre du PER

La gestion libre s’adresse aux investisseurs souhaitant construire eux-mêmes leur allocation :

  • Choix direct des supports (UC, fonds euros, etc.) ;
  • Possibilité de réaliser des arbitrages à tout moment durant la phase d’épargne (modification de la répartition) ;

Le passage d’une gestion pilotée à une gestion libre (et inversement) reste généralement possible en cours de contrat.

Les meilleurs Plans d’Épargne Retraite

Il faut avoir conscience que le meilleur PER, n’est peut être pas le plus adapté pour vous, pour cela vous avons développé cet outil :

Quel est le meilleur PER pour vous ?

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15+ PER analysés
4 Questions
~2-3 min Pour répondre

Ce comparateur s'appuie sur des critères techniques objectifs. Ceci n'est pas un conseil en investissement personnalisé.

Linxea Spirit PER

Linxea Spirit PER

Type de gestion : libre, pilotée ou mixte
Nombre de supports : ~700
Performance fonds euros 2024 : 3,13 % (Euro Nouvelle Génération)
Frais d’entrée et d’arbitrage : 0 %
Frais de gestion : 0,50 % sur UC / 0,10 % sur fonds euros

Un contrat taillé pour les investisseurs autonomes, avec une architecture ouverte et un accès à l’une des offres ETF les plus complètes du marché.

Lucya Cardif PER

Lucya Cardif PER

Type de gestion : libre, pilotée ou mixte
Nombre de supports : ~600
Performance fonds euros 2024 : 2,60 % (Fonds Euro Exclusif)Frais d’entrée et d’arbitrage : 0 %
Frais de gestion : 0,60 % sur UC / 0,50 % sur fonds euros

Un PER distribué par Lucya, adossé à l’assureur Cardif, qui se distingue par sa gestion personnalisée et une sélection qualitative de supports ISR et immobiliers.

Placement-direct Retraite

Placement-direct Retraite

Type de gestion : libre, pilotée ou mixte
Nombre de supports : ~990
Performance fonds euros 2024 : 2,80 % (Fonds Euro Nouvelle Génération)
Frais d’entrée et d’arbitrage : 0 %
Frais de gestion : 0,60 % sur UC / 0,40 % sur fonds euros

Le PER SwissLife disponible via Placement-direct est conçu pour ceux qui recherchent un large choix de supports avec une orientation patrimoniale forte.

Yomoni Retraite+

Yomoni Retraite+

Type de gestion : pilotée
Nombre de profils : 1 support piloté (gestion 100 % déléguée)
Performance fonds euros 2024 : N/A (fonds euro non proposé)
Frais d’entrée et d’arbitrage : 0 %
Frais de gestion : environ 1,60 % tout inclus

Yomoni Retraite+, idéal pour les épargnants qui veulent déléguer leur stratégie à une gestion indexée sur leur profil de risque.

Si le PER vous intéresse, pensez à utiliser notre comparatif des meilleurs PER pour faire votre choix.

Quand peut-on ouvrir un PER ?

Le PER peut être ouvert dès la majorité, voire avant 18 ans avec l’accord des représentants légaux. Cette option est parfois utilisée dans une logique de transmission ou de stratégie fiscale familiale.

Aucune limite d’âge supérieure pour ouvrir un PER n’existe, même si son intérêt diminue à l’approche de la retraite, notamment en raison du temps nécessaire pour bénéficier pleinement des avantages fiscaux.

Il est accessible à tous : salarié du privé, indépendant, fonctionnaire, profession libérale, demandeur d’emploi, retraité… Il n’est pas conditionné par le statut professionnel.

De plus, il ne nécessite aucun niveau de revenu minimum, ni montant plancher à l’ouverture. Il est donc possible de commencer à épargner à son rythme, y compris avec des versements modestes.

Toutefois, l’avantage fiscal devient réellement intéressant pour les contribuables dont la TMI est de 30 % ou plus.

Quelle est la durée minimale de détention du PER ?

Il n’y a pas de durée minimale pour la détention d’un PER, mais au plus tôt l’on peut commencer à préparer sa retraite, au mieux c’est. C’est l’effet « boule de neige » qui se met en place. Il est donc possible de souscrire dès 18 ans, même si cela n’a guère de sens puisqu’il faut d’abord établir sa vie professionnelle et financière à cet âge-là.

De même, il n’y a pas d’âge maximum pour souscrire à un PER, même si certains assureurs ont indiqué un âge limite pour souscrire à leur contrat. C’est donc un des changements notables avec l’ancien PERP qui prévoyait un âge maximum.

Quelle est la fiscalité du PER à l’entrée ?

Les sommes versées volontairement sur un PER peuvent être déduites du revenu imposable, à condition de respecter les plafonds fixés par l’administration fiscale.

Cette déduction est particulièrement intéressante pour les contribuables situés dans les tranches marginales d’imposition élevées (TMI 30 % ou plus). Par exemple, un versement de 5 000 € peut générer jusqu’à 1 500 € d’économie d’impôt en TMI 30 %.

L’épargnant peut choisir de ne pas déduire tout ou partie de ses versements. Cette option impacte de la fiscalité de la sortie, cependant, c’est rarement avantageux de ne pas déduire de ses revenus.

Les déductions fiscales sont soumises à des plafonds annuels :

Type de plafondDescription
Plafond individuel10 % des revenus professionnels de l’année précédente
ou 10 % du PASS si avantageux (soit 4 399 € pour 2024).
Plafond global retraitePlafond commun pour l’ensemble des dispositifs retraite, fixé à 35 194 € en 2024. Mutualisable entre époux ou partenaires de PACS.
La fiscalité du PER à l’entrée

Si vous n’avez pas utilisé la totalité de vos plafonds d’épargne retraite sur les trois années précédentes, il est possible de les reporter pour augmenter le montant déductible cette année.

Pour aller plus loin sur le sujet, découvrez notre article sur la fiscalité du PER.

Comment sortir d’un PER ?

La sortie dite « normale » intervient au moment du départ en retraite, soit à l’âge légal fixé par la loi (64 ans à terme pour les générations à venir).

L’épargnant peut choisir :

  • Une sortie en capital (en une fois ou fractionnée) ;
  • Une rente viagère (versement régulier jusqu’au décès) ;
  • Ou un panachage capital + rente, selon sa stratégie patrimoniale et successorale.

Ce choix est irrévocable une fois acté.

Des cas exceptionnels de sorties anticipées existent. En effet, la loi prévoit plusieurs situations dans lesquelles une sortie anticipée est autorisée, même avant l’âge légal comme l’acquisition de la résidence principale ou des accidents de la vie.

Nous allons revenir sur ces cas par la suite. Dans tous les cas, une justification formelle est exigée, et la demande doit être envoyée par lettre recommandée avec accusé de réception.

Quelle rente PER avec 100 000 euros ?

Avec 100 000 € de capital sur un PER au moment de la liquidation en rente :

  • À 60 ans : environ 375 €/mois (taux de conversion ~4.6%).
  • À 65 ans : environ 425 €/mois (taux de conversion ~5,1%).
  • À 70 ans : environ 480 €/mois (taux de conversion~5,8%).

Ces montants dépendent des tables de mortalité utilisées par l’assureur, des options de rente choisies et des frais appliqués sur la rente.

Quelle est la fiscalité du PER à la sortie ?

La fiscalité à la sortie du PER dépend de trois facteurs clés :

  1. Le mode de sortie (capital, rente, ou mixte) ;
  2. L’origine des fonds (versements volontaires, épargne salariale, cotisations obligatoires) ;
  3. Le choix fiscal fait à l’entrée (versements déduits ou non).

La fiscalité à la sortie en capital

En cas de sortie en capital, l’imposition se fait principalement sur les plus-values :

Origine des fondsFiscalité sur le capitalFiscalité sur les gains (plus-values)
Versements volontaires déduits (versements ayant bénéficié d’une déduction fiscale à l’entrée)Imposés à l’impôt sur le revenu (IR)Soumis aux prélèvements sociaux de 18,6 %
Versements volontaires non déduitsNon imposablesTaxés au PFU (flat tax 31,4 %) ou au barème IR + 18,6 % si option exercée par le contribuable
La fiscalité du PER à la sortie en capital

Le compartiment d’origine (1, 2 ou 3) conditionne également la fiscalité applicable à la sortie.
En effet, chaque compartiment du PER correspond à une origine différente des fonds, avec des règles fiscales spécifiques en cas de retrait :

  • Compartiment 1 (versements volontaires) : fiscalité au choix selon que les versements ont été déduits ou non à l’entrée (cf. tableau ci-dessus) ;
  • Compartiment 2 (épargne salariale : participation, intéressement, abondement) : capital non imposable, seuls les gains (plus-values) sont soumis aux prélèvements sociaux (18,6 %) ;
  • Compartiment 3 (cotisations obligatoires) : sortie uniquement possible en rente viagère, imposée comme une pension de retraite (IR après abattement de 10 %).

Lors d’un transfert d’anciens produits (ex : PERCO, Article 83, Madelin, PERP…), les sommes sont ventilées dans ces compartiments selon leur nature initiale, ce qui impactera la fiscalité à la sortie.

D’où l’importance de bien comprendre la provenance des fonds intégrés dans votre PER.

La fiscalité à la sortie en rente viagère

En optant pour une sortie en rente, celle-ci est soumise à l’impôt sur le revenu :

Âge au moment de la liquidationFraction imposable de la rente
Avant 50 ans70 %
De 50 à 59 ans50 %
De 60 à 69 ans40 %
À partir de 70 ans30 %
La fiscalité du PER à la sortie en rente viagère

Les rentes sont soumises aux prélèvements sociaux au taux de 18,6 %.

La fiscalité à la sorte en mix « capital + rente »

Le PER autorise une sortie fractionnée, c’est-à-dire qu’une partie de l’épargne peut être récupérée en capital, l’autre sous forme de rente viagère.

Cette formule est souple et fiscalement optimisable :

Origine des fonds (compartiment)Sortie en capitalSortie en rente viagère
Versements volontaires déduits (C1)Capital imposé à l’IR + plus-values soumises aux prélèvements sociaux (18,6 %)Rente imposée à l’IR après abattement selon l’âge + prélèvements sociaux (18,6 %)
Versements volontaires non déduits (C1)Capital exonéré d’impôt + plus-values soumises au PFU (31,4 %) ou IR + 18,6 % sur optionRente soumise au régime des rentes viagères à titre onéreux (fraction imposable selon âge) + 18,6 % sociaux
Épargne salariale (C2)Capital exonéré d’impôt + plus-values soumises aux prélèvements sociaux (18,6 %)Rente imposée à l’IR (abattement selon âge) + prélèvements sociaux (18,6 %)
Cotisations obligatoires (C3)Sortie en capital impossibleRente imposée comme pension de retraite (IR après abattement de 10 %) + prélèvements sociaux (18,6 %)
La fiscalité du PER à la sorte en mix « capital + rente »

Astuce : le compartiment 3 (obligatoire) est toujours liquidé en rente. Pour les compartiments 1 et 2, vous avez le choix au moment du départ à la retraite.

Ce mix est souvent pertinent pour ceux qui souhaitent combiner :

  • Besoins ponctuels (capital) ;
  • Et sécurité financière à long terme (rente).

Le choix doit être fait au moment de la liquidation du PER, selon les besoins patrimoniaux, fiscaux ou successoraux de l’épargnant.

Les cas de déblocage anticipé du PER

L’achat de la résidence principale

C’est le seul cas de déblocage anticipé accessible à tous les épargnants, sans nécessité d’un événement imprévu. Il est valable uniquement pour l’achat de la résidence principale, en primo-accession ou non.

Cela ne concerne que les compartiments 1 (versements volontaires) et 2 (épargne salariale).

Le cas des accidents de la vie

La loi prévoit également 6 cas de déblocage anticipé pour événements graves, dits « accidents de la vie » :

  1. Invalidité de 2ᵉ ou 3ᵉ catégorie (épargnant, enfant, conjoint ou partenaire PACS) ;
  2. Décès du conjoint ou du partenaire de PACS ;
  3. Fin des droits au chômage ;
  4. Cessation d’activité non salariée ;
  5. Absence de contrat de travail ou mandat social pendant plus de deux ans
  6. Surendettement ;

Dans ces situations, la sortie est justifiée par un événement extérieur, nécessitant une procédure formelle (courrier recommandé, justificatifs officiels…).

Quelle fiscalité sur ces sorties exceptionnelles ?

La fiscalité dépend de l’origine des sommes et du motif de sortie :

  • Dans certains cas, le déblocage anticipé peut être totalement exonéré d’impôt, notamment en cas d’invalidité ou de surendettement ;
  • Pour d’autres (achat de résidence principale, fin de droits Pôle emploi), les gains sont imposés, mais le capital est exonéré si les versements n’ont pas été déduits à l’entrée.

Transférer un ancien produit vers un PER

Il est possible de regrouper dans un PER des sommes issues de plusieurs anciens dispositifs, à condition qu’ils soient éligibles au transfert :

  • Contrats individuels : PERP, Madelin, Préfon ;
  • Contrats collectifs : Article 83, Perco ;
  • Autres PER (individuels, collectifs ou obligatoires) via transfert inter-compartiments.

Les montants transférés rejoignent le compartiment du PER correspondant à leur nature initiale (versements volontaires, épargne salariale, cotisations obligatoires).

Attention aux frais de transfert qui peuvent être élevés, en plus de cela, certains contrats ont des conditions plus favorables que le PER. Il faut analyser la situation avant de se lancer.

Les avantages du transfert vers un PER

Le regroupement des anciens contrats dans un PER permet :

  • De centraliser l’ensemble sur un seul contrat et faciliter la gestion
  • D’uniformiser les règles fiscales et de gestion,
  • Un accès à des contrats plus compétitifs : les PER récents offrent souvent :
    • Des frais réduits (notamment sur les UC) ;
    • Une architecture ouverte plus riche en supports (ETF, SCPI, fonds ISR…) ;

Les avantages et inconvénients du PER

En résumé, voici les principaux avantages et inconvénients du PER :

AvantagesInconvénients
Déduction fiscale à l’entrée (10 % des revenus ou jusqu’à 4 399 € en 2024)Épargne bloquée jusqu’à la retraite (sauf achat RP ou accident de la vie)
Sortie flexible : capital, rente, ou les deuxFiscalité de sortie variable selon les cas (compartiment, déduction, mode de sortie)
Efficace pour TMI 30 % ou plusPas pertinent si faiblement imposable
Abondement par l’entreprise (PERECO) peu chargéProduit complexe, nécessitant un minimum de compréhension
Les avantages et inconvénients du PER

Pour en savoir plus, voici notre article sur les avantages et inconvénients du PER.

À qui s’adresse le PER ?

Le Plan d’Épargne Retraite ne s’adresse pas à tous les profils de la même manière. Cependant, son intérêt dépend fortement de la situation fiscale et professionnelle du souscripteur.

Les contribuables fortement imposés (TMI ≥ 30 %)

Le levier fiscal du PER prend toute sa puissance pour les contribuables dont la Tranche Marginale d’Imposition est de 30 %, 41 % ou 45 %.

Exemple : un versement de 6 000 € permet d’économiser jusqu’à 2 700 € d’impôts en TMI 45 %.

À la retraite, en cas de baisse de revenus, la reprise d’imposition sera mécaniquement moins élevée, optimisant le différentiel fiscal entre entrée et sortie.

Les indépendants et professions libérales

Les TNS, professions libérales et autres non-salariés bénéficiaient historiquement du contrat Madelin, désormais remplacé par le PER. Le PER individuel permet à ces profils de bénéficier d’une déductibilité sur leur revenu professionnel, avec davantage de flexibilité (sortie en capital possible, notamment).

Les salariés avec épargne salariale et abondement significatif

Dans les entreprises proposant un PER collectif (PERCOL) avec abondement attractif, le PER devient particulièrement intéressant.

Exemple : dans certaines entreprises, l’abondement peut atteindre jusqu’à 16 % du PASS, soit 7 493,52 € en 2025. Si l’entreprise abonde à 100 %, un versement volontaire de 1 000 € donne droit à 1 000 € supplémentaires versés par l’employeur.

Cela revient à doubler immédiatement l’effort d’épargne, sans charges sociales (hors CSG/CRDS).

Le PER est aussi pertinent pour les salariés imposés (TMI ≥ 30 %) souhaitant optimiser leur effort d’épargne volontaire via le PER individuel.

Pour qui le PER n’est pas adapté ?

Pour les foyers faiblement ou non imposés, le PER perd de son attrait fiscal. Il peut être moins performant que d’autres enveloppes plus liquides et à fiscalité plus douce (assurance-vie, PEA, CTO selon l’horizon et l’objectif patrimonial).

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