Investir 1 000 000 € : combien ça peut vraiment vous rapporter chaque mois ?
Avec 1 000 000 €, vous pouvez construire une allocation diversifiée (bourse, immobilier, or, private equity…) et avoir accès à des supports réservés aux investisseurs professionnels au sens réglementaire (tickets de 100 k€).
L'essentiel
Pour savoir combien rapporte 1 millions d’euros investis, on peut partir sur la règle des 4 % : 40 000 € / an, soit 3 333 € / mois brut.
Si l’on va un peu plus loin avec 1 000 000 €, avant impôts, comptez selon les actifs :
- Placements garantis, fonds en euros et comptes à terme (2 % à 4,1 %) : ≈ 1 667 à 3 417 € / mois ;
- SCPI et obligations (3,8 % à 6 %) : ≈ 3 167 à 5 000 € / mois ;
- Actions et ETF (7 à 10 %) : ≈ 5 833 à 8 333 € / mois.
C’est un ordre de grandeur théorique car votre revenu mensuel dépendra de l’allocation, des enveloppes fiscales, des frais et impôts… Ne pas oublier que plus de rendement est élevé, plus le risque est élevé !
Table des matières
Où investir 1 million d’euros ? Ce que chaque placement peut rapporter chaque mois
Voici ce que rapporte un million d’euros selon le support, avec le risque et la liquidité en face.
| Placement | Rendement annuel brut | Risque | Liquidité | Revenu mensuel brut pour 1 000 000 € |
| Livrets réglementés (Livret A, LDDS) | 1,7 % | Capital garanti | Immédiate | ≈ 50 € (plafonds atteints) |
| Comptes à terme, livrets bancaires | 2–3 % | Capital garanti | Faible | ≈ 2 083 € |
| Immobilier locatif en direct | 3–3,5 % net de charges | Modéré | Faible | ≈ 2 708 € |
| Fonds obligataires investment grade | 3,8 % | Modéré | Bonne | ≈ 3 167 € |
| Meilleurs fonds euros | ≈ 4 % | Capital garanti | Bonne | ≈ 3 333 € |
| SCPI | 4,91 % | Modéré | Limitée | ≈ 4 092 € |
| Fonds obligataires à haut rendement (high yield) | 6 % | Élevé | Bonne | ≈ 5 000 € |
| Crowdfunding immobilier | 7–9 % | Élevé | Faible | ≈ 6 667 € |
| ETF actions monde | 7–10 % | Élevé | Faible | ≈ 7 083 € |
| Private equity, fonds non cotés | 10–13 % | Très élevé | Très Excellente | ≈ 9 583 € |
Trois remarques avant d’aller plus loin :
- Livret A et LDDS acceptent 34 950 € à eux deux, soit 3,5 % de votre capital. Ils vous rapporteront une cinquantaine d’euros par mois, pas 1 417 €. Autant dire qu’ils ne jouent plus aucun rôle dans votre revenu : ce sont des poches de trésorerie, rien d’autre.
- Un ETF monde distribue de l’ordre de 1,5 à 2 % de dividendes par an. Le reste du rendement est une hausse de valorisation : pour le toucher, il faut vendre des parts.
- Aucune ligne de ce tableau ne peut absorber le million seule. C’est le vrai sujet de cet article, et j’y reviens à chaque section.
Combien rapportent 1 000 000 € placés par mois ?
Tableau de correspondance rendement / rente brute
Le calcul tient en une ligne : Revenu mensuel brut ≈ (Capital × rendement annuel) ÷ 12
| Rendement annuel | Revenu mensuel brut |
| 1 % | ≈ 833 € |
| 2 % | ≈ 1 666 € |
| 3 % | ≈ 2 500 € |
| 4 % | ≈ 3 333 € |
| 5 % | ≈ 4 166 € |
| 6 % | ≈ 5 000 € |
| 8 % | ≈ 6 666 € |
| 10 % | ≈ 8 333 € |
| 12 % | ≈ 10 000 € |
Retenez le repère du milieu : 5 % de rendement, c’est 4 167 € bruts par mois, soit près de deux fois le salaire net médian français, qui s’établit à 2 190 € mensuels en équivalent temps plein selon les dernières données de l’Insee portant sur 2024.
Faut-il encore capitaliser quand on a un million ?
Mettons deux trajectoires côte à côte. Même somme de départ, même rendement net de 5 % par an, deux décisions opposées :
- Trajectoire A : vous prélevez vos 4 167 € tous les mois. Le capital reste figé à 1 000 000 €.
- Trajectoire B : vous ne prélevez rien, tout est réinvesti.
| Horizon | A – capital restant | A – rente déjà encaissée | A – total | B – capital capitalisé | Écart B − A |
| 10 ans | 1 000 000 € | 500 000 € | 1 500 000 € | ≈ 1 628 900 € | ≈ 128 900 € |
| 15 ans | 1 000 000 € | 750 000 € | 1 750 000 € | ≈ 2 078 900 € | ≈ 328 900 € |
| 20 ans | 1 000 000 € | 1 000 000 € | 2 000 000 € | ≈ 2 653 300 € | ≈ 653 300 € |
Le prix de la rente immédiate, c’est 653 000 € de patrimoine en moins au bout de vingt ans. Les deux tiers de la mise de départ, évaporés en frais d’usage.
Pris par l’autre bout, le même calcul se lit encore mieux :
| Vous commencez à encaisser après… | Capital atteint | Rente mensuelle à 5 % |
| Immédiatement | 1 000 000 € | ≈ 4 167 € |
| 10 ans | ≈ 1 628 900 € | ≈ 6 787 € |
| 15 ans | ≈ 2 078 900 € | ≈ 8 662 € |
| 20 ans | ≈ 2 653 300 € | ≈ 11 055 € |
Différer de dix ans, sans toucher à l’allocation ni au niveau de risque, fait passer la rente de 4 167 € à près de 6 800 € par mois.
C’est le véritable arbitrage à trancher, et les deux branches ne se rattrapent pas : chaque année de rente encaissée est une année de composition définitivement perdue.
Quelle rente mensuelle avec votre capital ?
Réglez votre capital, le rendement annuel visé et la durée pendant laquelle vous laissez les gains fructifier. Le simulateur compare la rente que vous pourriez percevoir dès aujourd'hui et celle obtenue après la phase de capitalisation.
(sans capitalisation)
10 ans
(après 10 ans)
Évolution du capital pendant la phase de capitalisation
Pour une simulation plus réaliste tenant compte de la volatilité, je vous recommande mon simulateur de rente.
Combien rapportent 1 000 000 euros placés en banque ?
Le Livret A et le LDDS servent 1,7 % depuis le 1ᵉʳ août 2026 parce que l'État fixe leur taux selon une formule indexée sur l'inflation et les taux monétaires à court terme. Cette rémunération n'a jamais eu pour objet de faire fructifier votre capital : elle vise à en préserver approximativement le pouvoir d'achat.
Les plafonds, eux, vous rendent plutôt service, ils vous évitent d'immobiliser des sommes importantes sur un support qui, par construction, ne vous enrichira pas.
Quant aux produits bancaires non réglementés, comptes à terme et livrets bancaires, ils échappent au plafond mais pas à la flat tax de 31,4 %. Un taux affiché de 2,5 % vous laisse 1,71 % net.
Voici ce que donne un million d'euros placé intégralement sur des produits bancaires.
| Support | Montant plaçable | Taux brut | Fiscalité | Revenu annuel net | Par mois |
| Livret A | 22 950 € (plafond) | 1,7 % | Exonéré | 390 € | ≈ 33 € |
| LDDS | 12 000 € (plafond) | 1,7 % | Exonéré | 204 € | ≈ 17 € |
| Comptes à terme, livrets bancaires | 965 050 € (le solde) | 2,5 % | Flat tax 31,4 % | 16 551 € | ≈ 1 379 € |
| Total | 1 000 000 € | — | — | 17 145 € | ≈ 1 429 € |
Le total ressort à 1 429 € nets par mois, soit un rendement net de 1,71 % sur l'ensemble du capital. Avec une inflation de 1,8 % sur un an en juin 2026 et une prévision Insee autour de 2 % sur l'année, votre pouvoir d'achat recule.
Retenez la conclusion, elle vaut pour tout le reste de l'article : placer un million en banque, ce n'est pas sécuriser son capital, c'est l'éroder lentement. La banque reste le bon endroit pour votre épargne de précaution (quelques dizaines de milliers d'euros disponibles en vingt-quatre heures). Elle n'est pas un outil de sécurisation patrimoniale.
Le fonds en euros, la seule sécurité sans plafond
Le fonds en euros d'un contrat d'assurance-vie garantit le capital, sans limite de versement, avec un rendement actuellement supérieur aux Livrets et CAT. C’est donc une alternative à privilégier actuellement pour votre poche sécurisée.
En effet, la moyenne du marché s'est établie à 2,6 % en 2025 selon France Assureurs, 2,65 % selon l'ACPR, stable pour la troisième année consécutive. Mais les meilleurs contrats ont servi plus de 4 %, quand les moins performants plafonnaient à 1,6 %.
Sur un million rémunéré à 4 %, cela représente 40 000 € bruts par an, soit environ 2 760 € nets par mois après prélèvements sociaux.
Mettez ce chiffre en face des 1 429 € du scénario bancaire et vous tenez le coût d'opportunité, en clair : 1 331 € par mois, près de 16 000 € par an, pour avoir laissé le capital à la banque plutôt que sur un bon fonds en euros. À garantie du capital équivalente, et avec une disponibilité supérieure. Reste à choisir les meilleurs fonds en euros !
Combien rapportent 1 000 000 euros en assurance-vie ?
Posée ainsi, la question n'a pas de réponse : une assurance-vie ne produit aucun rendement par elle-même. Elle héberge des supports, et ce sont eux qui travaillent. Le fonds en euros vu plus haut en est un, pas le seul.
L'assurance-vie peut absorber la totalité du capital. Aucun plafond de versement, quand le PEA s'arrête à 150 000 € et les livrets à 34 950 €. C'est la seule enveloppe fiscalement intéressante capable d'accueillir un million en une fois.
Elle vous laisse régler le curseur entre sécurité et performance, ce qui fait varier la rente du simple au triple :
| Allocation du contrat | Rendement moyen | Revenu mensuel brut sur 1 000 000 € |
| 100 % fonds en euros | 2,6 % | ≈ 2 167 € |
| 50 % fonds en euros 50 % ETF actions | ≈ 5,3 % | ≈ 4 417 € |
| 30 % fonds en euros 70 % ETF actions | ≈ 6,4 % | ≈ 5 317 € |
Toutefois, passé huit ans, les gains retirés profitent d'un abattement annuel de 4 600 € (9 200 € pour un couple), puis d'un taux d'impôt sur le revenu réduit à 7,5 %, mais dans la limite de 150 000 € de versements par personne, tous contrats confondus.
Au-delà, la fraction correspondante retombe à 12,8 %. Sur un million versé, 85 % de vos versements sont hors du régime de faveur.
1 000 000 euros en bourse : quel revenu mensuel espérer ?
La bourse ne verse pas de rente (sauf éventuellement pour les actions à dividendes). Elle délivre principalement de la performance, de manière plus moins volatile, avec des cycles de hausse et des cycles de baisse..
Sur longue période (en lissant les performances), les grands indices actions mondiaux ont produit de l'ordre de 6 à 10 % par an selon les zones et la fenêtre observée. Avec une hypothèse de travail à 8 %, un million devient :
| Horizon | Capital avec réinvestissement des dividendes (8 %/an) |
| 10 ans | ≈ 2 159 000 € |
| 15 ans | ≈ 3 172 000 € |
| 20 ans | ≈ 4 661 000 € |
Ces 8 % correspondent bien à 6 667 € par mois sur un million. Mais c'est une moyenne de statisticien : dans les faits, vous alternerez des années à +25 % et des années à −30 %. Sur un million, une année à −30 %, ce sont 300 000 € qui disparaissent de votre relevé.
Si votre budget dépend de ces 6 667 € chaque mois, la bourse seule ne convient pas. Refuser de vendre la moindre part vous ramène aux seuls dividendes, de l'ordre de 1,5 à 2 % par an sur un ETF monde, soit environ 1 458 € mensuels (qui ne sont pas garantis).
Reste à savoir où loger cette poche actions. Trois enveloppes, et une contrainte :
- Le PEA s'arrête à 150 000 € de versements par personne, soit 15 % de votre capital (30 % pour un couple). C'est la meilleure enveloppe fiscale du marché pour les actions, et elle n'en accueille qu'une fraction minoritaire en plus d’être restreinte geographiquement.
- Le PEA-PME ajoute 75 000 € de capacité, réservés aux PME et ETI européennes, à condition d'accepter l'illiquidité propre aux entreprises non cotées.
- L'assurance-vie, nous l'avons vu, prend le relais par ses unités de compte, sans plafond de versement, mais dans les limites du catalogue de l'assureur.
- Le compte-titres absorbe le solde puisque c’est l’enveloppe qui ne propose aucun avantage fiscal.
Combien rapportent 1 000 000 euros placés en obligations ?
Une obligation, c'est un prêt que vous consentez à un État ou à une entreprise. En échange, un coupon annuel et le capital rendu à l'échéance. Rendement et date de sortie sont connus dès le départ, ce qui en fait l'un des supports les plus prévisibles pour qui cherche un revenu régulier.
Les obligations ont repris de l'intérêt avec la remontée des taux. À l'été 2026, l'OAT 10 ans, référence de la dette française, évolue autour de 3,7 %.
Sur un million, avant frais et fiscalité :
| Type de dette | Rendement annuel indicatif | Revenu annuel | Revenu mensuel | Capital après 20 ans (réinvesti) |
| Obligations d'État bien notées | 3,5 % | 35 000 € | ≈ 2 917 € | ≈ 1 990 000 € |
| Obligations d'entreprises investment grade | 3,8 % | 38 000 € | ≈ 3 167 € | ≈ 2 108 000 € |
| Obligations à haut rendement (high yield) | 6 % | 60 000 € | ≈ 5 000 € | ≈ 3 207 000 € |
| Dette privée, crowdlending, fonds de dette | 8 % | 80 000 € | ≈ 6 667 € | ≈ 4 661 000 € |
Chaque point de rendement supplémentaire se traduit par un risque supérieur, et pas seulement en volatilité :
- le défaut de l'emprunteur, dont la probabilité croît avec le coupon promis ;
- la moins-value en cas de remontée des taux, si vous sortez avant l'échéance ;
- l'absence de marché secondaire sur la dette privée et le crowdlending, qui peut bloquer vos fonds jusqu'au terme.
Le coupon, un revenu fiscalisé
Un coupon est un revenu financier : hors enveloppe, il subit la flat tax à 31,4 %.
L'effet est net à ce montant. Une poche obligataire de 300 000 € en investment grade à 3,8 % dégage 11 400 € par an. Après fiscalité, il vous en reste 7 820 €.
Il existe néanmoins deux options pour réduire l’écart entre le brut et le net :
- investir via un fonds capitalisant (le coupon n’est pas distribué mais réinvesti), vous payerez néanmoins la fiscalité à la sortie ;
- passer par une enveloppe fiscale capitalisante comme l’assurance-vie, auquel cas, vous serez imposé qu’en cas de retrait, mais vous pourrez éventuellement profiter d’une fiscalité avantageuse après 8 ans (abattement de 4 600 € + 24,7 d’impôt pour les gains issus des versements inférieurs à 150 000 €).
Combien rapportent 1 000 000 euros investis dans l'immobilier ?
1 000 000 euros en SCPI : quel revenu mensuel ?
Le taux de distribution moyen du marché ressort à 4,91 % pour 2025, d'après le bilan ASPIM-IEIF publié le 10 février 2026, en hausse pour la troisième année consécutive. Rapporté à un million, cela donne 49 100 € par an, soit 4 092 € mensuels bruts.
Deux réserves, qui pèsent aussi lourd que le rendement affiché :
- Distribution n'est pas performance. Le prix moyen des parts a reculé de 3,45 % en 2025, ce qui ramène la performance globale du marché à +1,46 %. Distribuer près de 5 % en voyant sa part se déprécier n'a rien d'une contradiction.
- Les écarts entre véhicules sont considérables, de 4,2 % pour les SCPI résidentielles à environ 6 % pour les diversifiées, soit 1 500 € de revenu mensuel d'écart sur un million.
Les SCPI restent néanmoins un véhicule très intéressant. L'enjeu est donc de bien choisir votre SCPI avant d’investir. A ces fins, j’ai écrit de nombreux guides et un comparatif de SCPI pour vous aider à choisir !
L'immobilier en direct : la possibilité d’investir dans un parc immobilier
L'immobilier en direct change de nature à ce montant. Vous ne cherchez plus un bien, vous pouvez constituer un parc locatif.
Un million frais de notaire compris, cela correspond à un immeuble de rapport en ville moyenne, ou à quatre à six lots répartis sur plusieurs marchés.
Avec 5 % de rendement brut, l'ensemble encaisse 50 000 € de loyers annuels, soit 4 167 € par mois. Taxe foncière, charges non récupérables, assurance, frais de gestion et vacance locative ramènent ensuite le rendement net de charges dans une fourchette de 3 à 3,5 %, soit 2 500 à 2 917 € mensuels avant impôts.
Le nombre de lots joue en votre faveur, et c'est le vrai apport du montant : six logements dont un vide, c'est un sixième de revenu en moins, là où un appartement vacant ramène la recette à zéro. Toutefois, vous ne gérez plus un locataire mais une petite entreprise qui peut vous prendre beaucoup de temps et d’énergie.
Le piège du revenu foncier, commun aux deux
Que vous déteniez des parts de SCPI ou des appartements loués nus en direct, les loyers relèvent du même régime : ce sont des revenus fonciers.
Ils s'empilent sur vos autres revenus, subissent votre taux marginal d'imposition et 17,2 % de prélèvements sociaux.
Avec un taux marginal à 30 %, les 4 092 € bruts d'une poche de SCPI se réduisent à environ 2 160 € nets. Mais le vrai problème est ailleurs.
49 100 € de revenus fonciers supplémentaires, ça peut vous changer de tranche :
- La tranche à 41 % démarre à 84 577 € de revenu imposable par part en 2026. Un cadre à 45 000 € de revenus qui ajoute 49 100 € de loyers y bascule mécaniquement.
- À 41 %, il ne reste plus que 1 710 € nets de vos 4 092 € bruts : 58 % du revenu part en impôts et prélèvements.
L’importance du véhicule pour limiter vos impôts immobiliers
À ce niveau de capital, le choix du véhicule de détention est un impératif pour optimiser fiscalement vos revenus. Trois réponses classiques :
- Loger les SCPI dans une assurance-vie. Les loyers suivent alors la fiscalité du contrat, très inférieure au barème foncier, au prix d'une ponction de l'assureur et d'un choix de SCPI restreint à son catalogue.
- Détenir via une société à l'impôt sur les sociétés, valable pour les SCPI comme pour le locatif en direct : vous amortissez le bien et payez l'IS sur le résultat, bien en deçà de votre taux marginal. La contrepartie arrive à la sortie, à la distribution des bénéfices ou à la revente.
- Financer à crédit. Les intérêts d'emprunt se déduisent des revenus fonciers et écrasent la base imposable pendant les premières années.
Aucune de ces solutions n'est neutre, et le bon montage dépend de votre tranche, de votre horizon et de ce que vous comptez faire du bien à terme. Mais ne rien faire, à ce montant, revient à laisser près de la moitié du revenu sur la table.
Quelle rente mensuelle pour 1 000 000 euros selon votre profil ?
Trois répartitions concrètes, du plus prudent au plus offensif, avec le brut et le net. Les montants nets tiennent compte de l'enveloppe de chaque poche : c'est précisément ce qui fait la différence à ce niveau de capital.
Profil défensif : environ 1 810 € nets par mois
- 35 000 € en livrets réglementés (1,7 %)
- 615 000 € en fonds euros, répartis sur trois contrats (2,6 %)
- 350 000 € en fonds obligataires lower medium grade (BBB), logés en assurance-vie (5 %)
Rendement moyen espéré de 3,41 % par an, soit 2 840 € bruts mensuels. Après fiscalité, il reste environ 2 520 € nets.
Profil équilibré : environ 3 360 € nets par mois
- 35 000 € en livrets réglementés (1,7 %)
- 215 000 € en fonds euros, sur deux contrats (2,6 %)
- 150 000 € en PEA saturé à son plafond, en ETF actions (8 %)
- 300 000 € en unités de compte actions internationales, en assurance-vie (8 %)
- 150 000 € en SCPI logées en assurance-vie (4,4 % après frais de gestion de l'assureur)
- 150 000 € en fonds obligataires investment grade, en assurance-vie (3,8 %)
Rendement moyen espéré de 5,45 % par an, soit 4 540 € bruts et environ 3 360 € nets par mois.
Profil dynamique : environ 4 790 € nets par mois
- 35 000 € en livrets réglementés (1,7 %)
- 150 000 € en ETF actions en PEA, au plafond (8 %)
- 415 000 € en unités de compte actions internationales, en assurance-vie (8 %)
- 200 000 € en SCPI ou foncières cotées, en assurance-vie (5 %)
- 200 000 € en private equity ou crowdfunding (10 %)
Rendement moyen espéré de 7,58 % par an, soit 6 316 € bruts et environ 4 790 € nets par mois.
Deux avertissements, à la hauteur du montant. La poche actions représente ici 56,5 % du capital : un choc de marché peut l'amputer de 30 %, soit 170 000 € évaporés sur le papier. Et les 200 000 € de private equity sont bloqués généralement huit à douze ans avec un risque de perte important.
Ce profil ne tient qu'à condition d'avoir un horizon d'au moins quinze ans, et à condition de ne pas vendre pendant la tempête.
Ce que ces trois profils donnent si vous ne consommez pas la rente
| Profil | Rendement moyen | Capital à 10 ans | Capital à 20 ans |
| Défensif | 2,99 % | ≈ 1 343 000 € | ≈ 1 803 000 € |
| Équilibré | 5,45 % | ≈ 1 700 000 € | ≈ 2 890 000 € |
| Dynamique | 7,58 % | ≈ 2 076 000 € | ≈ 4 312 000 € |
2,5 millions d'euros d'écart entre le défensif et le dynamique sur vingt ans. C'est le prix de la tranquillité, et il n'est pas dit qu'il soit déraisonnable de le payer. Mais il faut le payer en connaissance de cause.
Peut-on vivre avec 1 000 000 euros placés ?
Oui, et je peux l'écrire sans conditionnel. Mais la façon d'y arriver n'est pas celle qu'on imagine.
Ce que vos placements versent réellement
Performer et distribuer sont deux choses différentes. Certains placements versent un revenu, d'autres non, et les plus performants sont rarement les plus généreux en cashflow.
| Placement | Verse-t-il un revenu régulier ? | Revenu mensuel brut sur 1 000 000 € | Adapté à une rente |
| Fonds en euros | Oui, intérêts annuels | ≈ 2 167 € | Oui |
| Comptes à terme, livrets | Oui, intérêts | ≈ 2 083 € | Oui, mais net sous l'inflation |
| Obligations investment grade | Oui, coupons | ≈ 3 167 € | Oui |
| SCPI | Oui, dividendes trimestriels | ≈ 4 092 € | Oui, mais fiscalité lourde |
| Immobilier locatif | Oui, loyers mensuels | ≈ 2 500 à 2 917 € nets de charges | Oui, mais gestion et vacance |
| Actions et ETF monde | Non, hors dividendes | ≈ 1 458 € de dividendes | Non, sauf à vendre des parts |
| Private equity, dette privée | Non, capital immobilisé | — | Non |
La contradiction est nette : ce qui distribue le mieux est aussi ce qui performe le moins sur la durée. Un portefeuille conçu uniquement pour verser une rente plafonne autour de 3 500 à 4 000 € bruts mensuels, et abandonne au passage toute croissance du capital.
C'est le mur sur lequel bute tout portefeuille conçu pour la rente. Il existe une façon de le contourner.
La règle des 4 %, et ce qu'elle vaut vraiment
Au lieu de vous limiter à ce que les supports versent, vous prélevez chaque année une fraction fixe du capital, quitte à céder des parts. Les actions redeviennent alors compatibles avec une rente.
Bâtie par William Bengen sur les séries historiques américaines, cette règle fixe le prélèvement à 4 % la première année, indexé ensuite sur l'inflation. Cela donne 3 333 € par mois sur un million. Son auteur a lui-même remonté le curseur à 4,7 % sur un portefeuille plus diversifié, ce qui porterait la rente à environ 3 917 € mensuels.
Quatre réserves avant de bâtir un plan dessus :
- Le calibrage porte sur 30 ans, pas sur une retraite anticipée de 40 ou 50 ans.
- Les données sont américaines, sans flat tax, sans prélèvements sociaux et sans les frais des contrats français.
- Le risque de séquence reste entier : quelques mauvaises années au démarrage, combinées aux retraits, suffisent à faire dérailler le plan même si la moyenne est correcte.
- La méthode est rigide : elle interdit d'ajuster à la baisse, alors que c'est exactement la réaction utile après un exercice négatif.
Combien de temps dure un million si vous en vivez ?
| Retrait mensuel | À 2 % de rendement net | À 4 % | À 6 % |
| 3 000 € | 41 ans | Capital jamais épuisé | Capital jamais épuisé |
| 4 000 € | 27 ans | 46 ans | Capital jamais épuisé |
| 5 000 € | 20 ans | 28 ans | Capital stable |
| 8 000 € | 12 ans | 14 ans | 17 ans |
Lisez la première ligne : 3 000 € par mois, à 4 % net, ne consomment jamais le capital. Vous mourrez avec votre million intact, voire davantage. Lisez la dernière : 8 000 € par mois vident le compte en douze à dix-sept ans, quel que soit le rendement.
Entre les deux s'étend une zone où le capital se réduit lentement. Elle n'a rien d'illégitime, mais appelons les choses par leur nom : ce n'est pas une rente, c'est une liquidation étalée dans le temps. Un plan qui repose sur l'appauvrissement progressif de votre patrimoine peut se défendre à 75 ans ; beaucoup moins à 55.
Une réserve que ce tableau ne montre pas : il ignore l'inflation. À 2 % par an, les 3 000 € d'aujourd'hui vaudront environ 2 000 € de pouvoir d'achat dans vingt ans. Une rente qui ne se revalorise pas est une rente qui se dégrade silencieusement.
Pour affiner ces trajectoires selon votre âge, votre horizon et le rythme de vos retraits, j'ai construit un outil dédié : mon simulateur de rente. De façon générale, il montre qu'espérer plus de 5 % du capital en rente relève de l'imprudence, sauf à assumer un vrai risque de se retrouver à sec.
Fiscalité et enveloppes : là où se joue vraiment votre net
Choisir l'enveloppe de chaque poche
Le même ETF monde vit aussi bien dans un PEA que dans une assurance-vie ou sur un compte-titres : le placement ne change pas, le net oui.
| Enveloppe | Plafond de versement | Fiscalité des gains |
| Livrets réglementés | 22 950 € (Livret A) + 12 000 € (LDDS) | Exonérés d'impôt et de prélèvements sociaux |
| PEA | 150 000 € | Après 5 ans : 0 % d'impôt sur le revenu + 18,6 % de prélèvements sociaux |
| PEA-PME | 225 000 €, cumul PEA inclus | Identique au PEA |
| Assurance-vie | Aucun | Après 8 ans : abattement de 4 600 € (9 200 € pour un couple), puis 7,5 % d'impôt sur le revenu dans la limite de 150 000 € de versements, 12,8 % au-delà, plus 17,2 % de prélèvements sociaux |
| Compte-titres | Aucun | Flat tax de 31,4 % (12,8 % d'impôt sur le revenu + 18,6 % de prélèvements sociaux) |
| SCPI en direct | Aucun | Revenus fonciers : impôt sur le revenu à votre taux marginal + 17,2 % de prélèvements sociaux |
Prenons l'exemple d'une rente de 4 000 € bruts mensuels, soit 48 000 € par an et 4,8 % de rendement, et regardons ce qui arrive réellement dans votre poche selon l'endroit où l'actif est logé :
| Support | Revenu mensuel net | Prélèvements annuels |
| PEA de plus de 5 ans | ≈ 3 256 € | 8 928 € |
| Assurance-vie de plus de 8 ans, versements sous 150 000 € | ≈ 3 041 € | 11 511 € |
| Assurance-vie de plus de 8 ans, versements au-delà de 150 000 € | ≈ 2 849 € | 13 811 € |
| Compte-titres ordinaire | ≈ 2 744 € | 15 072 € |
| SCPI en direct, taux marginal à 41 % | ≈ 1 672 € | 27 936 € |
1 584 € d'écart mensuel entre la meilleure et la pire enveloppe, pour un rendement strictement identique. Presque 19 000 € par an. À ce montant, le choix de l'enveloppe ne vaut plus un point de rendement : il en vaut trois.
Trois enseignements propres à ce niveau de capital :
- La meilleure enveloppe ne peut accueillir que 15 % de votre capital. Le PEA gagne le classement et plafonne à 150 000 €. Voilà résumé tout le problème du million.
- L'assurance-vie prend le relais par défaut, parce qu'elle est sans plafond et qu'elle a conservé ses prélèvements sociaux à 17,2 %. Mais au-delà de 150 000 € de versements, son avantage se réduit à 105 € par mois face au compte-titres.
- Le compte-titres n'est pas une erreur, c'est une conséquence des plafonds précédents. Autant l'optimiser (arbitrages espacés, titres capitalisants, purge des moins-values) plutôt que de faire semblant de pouvoir l'éviter.
Traquer les frais
Un point sur les frais annuels qui pourrait représenter environ 10 000 € par an sur un million. Sur vingt ans, l'écart entre un portefeuille à 5 % et le même à 4 % (même allocation, même risque, un seul point de frais de différence) atteint près de 460 000 €. C'est la moitié de votre capital de départ, partie en commissions.
Deux postes concentrent l'essentiel du gisement : les frais de gestion des contrats d'assurance-vie, et les frais de souscription des SCPI, qui atteignent couramment 10 % du montant investi. Sur une poche de 200 000 € de SCPI, ce sont 20 000 € que vous ne reverrez pas avant huit à dix ans de détention.
FAQ : combien rapportent 1 000 000 euros placés par mois ?
Oui. Selon la règle des 4 %, un million dégage environ 3 333 € bruts mensuels, soit 2 700 à 3 250 € nets selon l'enveloppe, au-dessus du salaire net médian français, qui s'établit à 2 190 €.
De 17 000 € par an en logeant tout à la banque, à 80 000 € par an avec une hypothèse actions à 8 %. Le repère central se situe à 50 000 € par an, soit 5 %, avant impôts et frais.
Les livrets réglementés n'en absorbent que 34 950 €, soit 3,5 % du capital. Au-delà, seul le fonds en euros d'assurance-vie garantit le capital sans plafond : entre 3,5 et 4 % sur les meilleurs contrats. Les comptes à terme complètent, mais leur rendement net passe sous l'inflation après la flat tax.
Statistiquement, oui. Début 2024, 10 % des ménages français détenaient plus de 857 700 € de patrimoine brut selon l'Insee, et le seuil des 5 % les mieux dotés se situait au-dessus du million lors de la précédente enquête. En revenus, en revanche, un million produit l'équivalent de deux salaires médians : confortable, pas illimité.

Alexandre Lefevre investit en Bourse depuis 2016 et en crowdfunding immobilier depuis 2020, l’année où il a créé Investissements Faciles. Chaque trimestre, il publie le détail de ses investissements et les revenus qu’ils génèrent, montants à l’appui. Il vulgarise la bourse, le crowdfunding, l’immobilier et les différentes enveloppes d’investissements (PEA, CTO, PER, SCPI, …) et produit des analyses détaillées depuis 2020.

